Les gens du Bas sont appelés des « Balibeux » et ceux du Haut des « Fouéroux » et ce n'est pas sans raison.
A une époque lointaine, le Pays de NOGENT, comme on dit aujourd'hui, ne fut pas épargné par la famine. En ces jours de disette, je ne sais si les Nogentais ont mangé des rats mais, ce qui est sûr, c'est que les prairies du bas regorgeaient de petites plantes comestibles au moment de la pousse des pissenlits, mais n'étaient pas aussi amères que ceux-ci. Les feuilles étaient longues et minces et pas du tout crantées comme celles des pissenlits.
Les gens du bas en firent une abondante provision qu'ils accommodèrent en salade et en légumes cuits à l'eau. Cette plante providentielle qui est un salsifis sauvage devait bien calmer des tiraillements d'estomac, elle se nommait « balibeu ». Elle fut si appréciée et consommée par les gens du Bas qu'elle leur donna son nom.
Les habitants du Haut devaient avoir des goûts et des intestins plus raffinés et plus délicats, car le pouvoir laxatif des balibeux fit merveille. Une crise de « fouère » les fit courir se soulager n'importe où. On dirait aujourd'hui qu'ils furent atteints d'une diarrhée carabinée.
Les « Balibeux » moins vulnérables, leur donnèrent le nom de « Fouéroux », nom sans gloire qui disait bien ce qu'il voulait dire.
Aujourd'hui encore, les deux appellations sont usitées et la situation sociale similaire des deux groupes fait que les gens du Haut sont toujours les perdants.




